CHANSON
Au vent de l'aube, en chaloupe, sur la rivière,
[ah ! que la vie est triste et que l'espoir est fou !] au vent de l’aube, dans ma pipe de Bavière
j'ai fumé, puis j'ai bu du gin à petits coups.
Le courant m'emportait doucement vers la chute, [ah ! que la vie est triste et que l’espoir est fou ! | le courant m’emportait; aux bords c'étaient les flûtes qui servent aux oiseaux, les matins clairs et doux.
Le soleil surgissant avait l'air d'une mitre,
{ah ! que la vie est triste et que l'espoir est fou ! | le soleil magicien mettait de l'or aux vitres.
je filais au moulin dont j’entendais la roue...
Puisque ma bien-aimée ironique et morose
[ah ! que la vie est triste et que l'espoir est fou ! | a piétiné mon cœur et s'est ri de la rose
que je lui ai donnée au premier rendez-vous,
je fermerai les veux pour ne plus voir l'aurore, (ah ! que la vie est triste et que l'espoir est fou !] j'irai vers le rapide effrayant et sonore,
et l'on me trouvera demain sur les cailloux...
Hermas Bastien (1897- )
BIBLIOGRAPHIE. -- Les Eaux grises, vers (Montréal, 1919). EX PRÉPARATION, -— Un volume de vers : Les Aquarelles.
M. Hermas Bastien est né à Montréal, le 4 mai 1897. Élève du Collège Sainti-Marie, de Montréal. Fait actuellement (1920) du Journalisme au Devoir en même temps qu'il suit les cours de droit de l'Université de Montréal.