‹ Anthologie des poètes canadiens [microforme]Chapitre 41 sur 255 · FÉLIX-GABRIEL MARCHAND · texte numérisé non relu

FÉLIX-GABRIEL MARCHAND

Demandez à l'enfant qui donne Quel est ce transport généreux Auquel son âme s’'abandonne...

Sans le comprendre, il est heureux.

A l'enfant que ce don soulage Demandez s’il peut expliquer

Le bonheur peint sur son visage...

Il ne saura vous l'indiquer.

Oui, la douce et naïve enfance, Exempte des instincts pervers, Sans calcul ët sans méfiance

Se livre à ses penchants divers.

Faisons comme elle, et que notre âme, Sans en rechercher les effets, Donne au pauvre qui la réclame Une humble part de ses bienfaits.

(Mélanges poétiques el littéraires)

Albed Garneau

BIBLIOGRAPHIE. — Poésies d'Alfred Garneau, publiées par son Jits Heclor Garneau (Montréal, Beauchemin, 1908).

Alfred Garneau, fils aîné de l'historien François-Xavier Garneau, naquit à Québec, le 20 décembre 1836. Après avoir passé par le Pelit Séminaire de Québec, il se mit à l'étude du droit et se fit admeltre au barreau (1860), ensuite de quoi il entra dans le fonctionnarisme à Ottawa. Nommé, en 1874, directeur de la traduction au Sénat, il ne devait cesser d'occuper ces fonctions qu'à sa mort, SUTVenuE le 4 mars 1904. En 1862, il avait publié une quatrième édition, revue et corrigée,

de l'Histoire du Canada de François-Xavier Garneau.

€... Voulez-vous, quelque matin d'été ou de printemps, emporler un léger livre de poésie, léger de poids, léger de rythme, léger d’inspiration un peu courte et toujours délicate, tout miroitant du brillant de la vie, de fleurs et de couleurs vaporeuses, d'âmes tendrement et honnêlement aimées?... Emportez, comme j'aime à le faire, ce compagnon charmeur qui se nomme les Poésies d'Alfred Garneau.

« Vous lirez de beaux sonnets où, malgré l'habituelle vivacité de l'auteur, s'empreint une grave tristesse...

CS1, dans ce recueil, vous rencontrez de lemps à autre des rémintiscences de Lamartine, de H Ugo cl surtout d'Alfred de M ussel, le poèle de chevet d'Alfred Garneau, ne vous en élonnez pas : ce sont ces in fluences françaises qui permirent à Sa vive personnalité canadienne de se produire, » (Lours ARNouLp, Nos Amis les Canadiens)

CCe que l'on peut voir et admirer dans ces strophes c’est la précision du vers, la vision nette et harmonieuse, et je ne sais quelle simplicité allique et quelle souplesse de forme qui rappellent quelques-uns des plus beaux vers de la Poésie parnassienne.

CGarneau à dessiné ailleurs quelques petits tableaux, des morceaux de paysage qui sont des chefs-d'œuvre de grâce et de simplicité... De lelles esquisses sont d'un artiste, el révèlent une âme capable de surprendre autour de soi les plus discrètes et les plus délicates manifestations du beau... Au reste, ln poésie de Garnean se fonde sur l'émotion plus encore que Sur la pensée ou sur les doctrines... Et l’on aura aussi remarqué le ton très doux et suave qui est l'accent ordinaire de cet artiste. C'est une poésie calme, sereine, quelquefois intense, presque jamais ambitieuse, qui s'échappe comme à son insu d'un cœur qui en déborde. Qu'importe que cett: œuvre soit incomplète, inachevée, défectueuse, Si, parmi tous ces fragments épars qui la composent rt que l’on a rassemblés, il s'en trouve que l'on croirait détachés d'un fronton où d'une frise de marbre grec!» (Abbé CAMILLE Roy, Essais sur Ja littérature canadienne-française)

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