‹ Anthologie des poètes canadiens [microforme]Chapitre 40 sur 255 · OCTAVE CRÉMAZIE · texte numérisé non relu

OCTAVE CRÉMAZIE

péri enteinrtrinte

Hélas ! tous ces objets de vos jeunes tendresses Dans leur étroit cercueil n’ont plus d'autres caresses Que les baisers du ver qui dévore leurs 08.

Priez pour l'exilé, qui, loin de sa patrie, Expira sans entendre une parole amie;

Isolé dans sa vie, isolé dans sa mort, Personne ne viendra donner une prière.

L'aumône d’une larme à la tombe étrangère :

Qui pense à l'inconnu qui sous la terre dort ?

Priez encor pour ceux dont les âmes blessées

Jei-bas n’ont connu que les sombres pensées

Qui font les jours sans joie et les nuits sans sommeil ; Pour ceux qui, chaque jour, bénissant l'existence,

N'ont trouvé le matin, au lieu de l'espérance, A leurs rêves dorés qu'un horrible réveil.

Ah!po. ces parias de la famille humaine,

Qui, lourdement chargés de leur fardeau de peine, Ont monté jusqu’au bout l'échelle de douleur, Que votre cœur touché vienne donner l’obole

D'un pieux souvenir, d'une sainte parole.

Qui découvre à leurs yeux la face du Seigneur.

Apportez ce tribut de prière et de larmes,

Afin qu’en ce moment terrible et plein d’alarmes, Où de vos jours le terme enfin sera venu,

Votre nom, répété par la reconnaissance,

De ceux dont vous aurez abrégé la souffrance, En arrivant là-haut, ne soit pas inconnu.

Et prenant ce tribut, un ange aux blanches ailes, Avant de le porter aux sphères éternelles,

Le dépose un instant sur les tombeaux amis;

Et les mourantes fleurs du sombre eimetière,

Se ranimant soudain au vent de la prière,

Versent tous leurs parfums sur les morts endormis.

(Poésies)

Félix- Gabriel Marchand

BIBLIOGRAPHI E, — En vers : Un bonheur en attire un autre, comédie en un acte (1883); — Les faux brillants, comédie en trois acles (1885). — En prose : Erreur n’est pas compte, vaudeville en deux actes ( 1872); — Le Lauréat, Opéra-comique en deux actes; - - Fatenville, comédie en un acte.

Les œuvres complètes de Marchand ont élé publiées sous le titre de

Mélanges poétiques et littéraires, avec une préface de M. Alfred De-

Celles (Montréal 1 899).

Félix-Gabriel Marchand naquit à Saint-Jean d’Iberville, le 9 janvier 1832, d'un père canadien-français et d'une mère écossaise. Admis à l'exercice du notariat en 1857, il donna longtemps le plus clair de ses efforts à sa profession et n’entra que relativement tard dans la politique active. Il avait bien en Cfet trente-cing ans lorsqu'il pénétra pour la Première fois au parlement de Québec, où l’envoyaient siéger ses conciloyens du comté de Saint-Jean. S'uccessivement député (1867), ministre dans le cabinet Joly ( 1878-79), puis président de la Chambre (1887-92), Enfin premier-ministre de la Province de Québec (1897- 1900), Félir-Gabriel Marchand n’a cessé de jouer dans notre politique | provinciale, pendant plus de trente ans, un rôle d'importance chaque

Jour croissante. Il mourut le 25 septembre 1900. i Dans sa Jeunesse, Félix-Gabriel Marchand, tout en se livrant à Û : l'exercice de ‘sa Profession, s'était Passionnément intéressé à la littéralure ; il lui resta Jilèle jusqu’à sa mort, à travers tous ses soucis pro- | Jessionnels et politiques.

CMarchand aimait les lettres, les Cullivait avec amour el succès, Ses poésies, ses charmantes comédies, dénotent un talent peu ordinaire, ; des aptitudes remarquables. » (L.-O,. Davin, Souvenirs et Biogra- É phies (1870-1910), p. 136)

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