ALFRED MORISSET
La tiède nuit suecède au jour et couvre la nature entière.
C'est l'heure aux tendres rendez-vous.
Écoutez done sous les ramures ces murmures,
ce gazouillis de mots si doux,
de voix tremblantes et si pures !
Ils s’en vont, la main dans la main, ne songeant qu’à l’heure présente trop peu lente !
et poursuivant par le chemin tout rêve aimé qui se présente.
Passons vite auprès de ce lieu !
Chaque instant qui vient et s'envole les console...
Trop tôt viendra ce morne adieu
qui les sépare et les désole !...
(Les Laurentiennes)
Alfred Morisset
BIBLIOGRAPHIE.— Ce qu'il a chanté (Ottawa, Imprimerie de la Justice, 1914).
Alfred-Emmanuel Morisset naquit à Québec, le 25 décembre 1843, d'un père canadien-français el d'une mère irlandaise. IL fit ses études partie au Petit Séminaire de Québec — où il eut pour condisciple Louis Fréchette — et partie au Petit Séminaire de Nicolet. Admis à l'exercice de la médecine par l'U niversité Laval de Québec, en 1865, il se firait la même année à Québec, puis, l'année suivante, à Sainte- Hénédine (comté de Dorchester). Victime, à i'âge de trente-six ans (1879), d'un accident qui devait le laisser partiellement impotent le reste de sa vie, il se rejela, pour tromper son malheur, vers les muses consolatrices. ” De là ces feuillets modestes où le poète avait noté au jour le jour ses impressions, Sans d'ailleurs aucune ambition d'auteur, el qui dormaient au fond de ses cartons lorsque ses fils s’avisèrent en 1914 de les livrer à la publicité. Alfred Morissel mourut à Sainte-Hénédine, le 23 septembre 1896.
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