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Comme au printemps de l’autre année, Au mois des fleurs, après les froids, Par quelque belle matinée,
Nous irons encore sous bois.
Nous y verrons les mêmes choses, Le même glorieux réveil,
Et les mêmes métamorphoses De tout ce qui vit au soleil.
FR Er 4 er,
Nous v verrons les grands squelettes Des arbres gris ressusciter,
Et les yeux clos des violettes
A la lumière palpiter.
Sous Île clair feuillage vert tendre, Les tourterelles des buissons,
Ce jour-là, nous feront entendre Leurs lentes et nobles chansons.
__ EUDORE ÉVANTUREL 111 Ensemble nous irons encore
Cueillir dans les prés, au matin,
De ces bouquets couleur d’aurore
Qui fleurent la rose et le thym.
Nous y boirons l'odeur subtile, Les capiteux aromes blonds Que, dans l'air tiède et pur, ‘istille La flore chaude des vallons.
Radieux, secouant le givre
Et les frimas de l’an dernier,
Nos chers espoirs pourront revivre Au bon vieux soleil printanier.
En attendant que tout renaisse, Que tout aime et revive un jour, Laisse nos rêves, Ô jeunesse
S'envoler vers tes bois d'amour !
Chère idylle, tes primevères Éclosent en toute saison;
Elles narguent les froids sévères Et percent la neige à foison.
Éternel renouveau, tès sèves Montent même aux cœurs refroidis Et tes capiteuses fleurs brèves Nous grisent comme au temps jadis.
Oh ! oui, nous cueillerons encore, Aussi frais que l’autre matin, Ces fins bouquets couleur d’aurore Qui fleurent la rose et le thym.
(Floraisons matutinales)
Eudore Evanturel (1854-1919)
BIBLIOGRAPHIE. — Premières poésies, avec une préface de Joseph Marmette (Québec, Augustin Côté & Cie, 1878).
M. Évanturel a collaboré en prose à plusieurs revues el journaux.
M. Eudore Évanturel naquit à Québec, au mois de septembre 1854. (Son père, ministre dans le cabinet McDonald-Sicotte, avait Joué, sous l'Union, 1 n rôle politique assez important.) Il Jit ses études, partie au Petit Séminaire de Québec, et partie sous la direction de précepteurs. Nommé, en 1828, à un emploi au Conseil législatif, sous Napoléon Legendre et Faucher de Saint-Maurice, puis deslilué peu de temps après, à la chute du ministère Joly, il partit pour les États-Unis, où il fut pendant deux ans, à Boston, le secrétaire de l'illustre historien Parkman (1828-80). Nous le retrourons, par la suite, tour à tour rédacteurpropriétaire d'un journal français de Lowell, le Journal du Commerce F délégué de la Province de Québec aux archives de Boston, avec mission d'y établir la collation des Manuscrits relatifs À la Nouvelle-France; délégué de la Province de Québec aux archives de Washington. Rappelé enfin à Québec en 1887, il fut depuis cette date jusqu'à sa mort, survenue le 16 mai 1919, archiviste à la Secrétairerie prominciale.
Après Premières poñsies (1878), M. Eranturel. pris lout entier par ses chères archives, ne donna que de rares pièces per-ci par-là.