LE LAC
[Lest un lue, au flanc des hautes Laurentides,
Qui m'a bercé souvent sur ses ondes limpides
Et qu'avant de mourir je voudrais bien revoir. Dans sa coupe profonde où dorment des abîmes 3 Aux flots harmonieux que lui versent les cimes J'ai trop mélé mon âme, hélas ! sans le savoir.
Combien de fois pour voir plus belle mon image. Sur son chaste miroir j'ai penché mon visage Dont il faisait un astre au milieu du ciel pur !
Que de fois, quand l'amour m'infusait ses ivresses, D'un gracieux élan provoquant mes caresses.
[m'a baisé la main de sa lèvre d'azur !
Quand sur ses fraîches eaux tombait la nuit sereine. J'aspirais longuement sa bienfaisante haleine, M'apportant les parfums des bois mystérieux :
Et, tandis que la nuit épaississait ses voiles,
Je regardais en lui, tour à tour, les étoiles
Des constellations ressusciter les feux,