‹ Anthologie des poètes canadiens [microforme]Chapitre 98 sur 255 · NOËL DU PASTOUREAU · texte numérisé non relu

NOËL DU PASTOUREAU

En ce temps-là, trois rois mages Sont venus de l'Orient Présenter féaux hommages

A Notre Dame et son enfant.

Dans la nuit et dans la neige Une étoile ès firmament

Les dirige et les protège

Ah! c'est miracle, assurément.

Leur liesse fut si grande

De trouver ces doulces gens,

Que céans firent offrande

De myrrhe, d’or et puis d'encens.

Pour moi qui n’étions point mage, Ains rien qu’un pauvre pastour, A tous deux j'offre en hommage Et ma complainte et mon amour.

SAIS-TU POURQUOT?

(Chanson) (1912)

Lorsque l'automne vient tacher de mordorures

Les ormes et les pins, les buissons et les bois;

Que les oiseaux frileux désertent nos ramures

Lt cherchent, vers le sud, des ciels qui sont moins froids;

Refrain

Rose, sais-tu pourquoi Tu souris ou soupires; Rose, sais-tu pourquoi ?

D'où viennent tes sourires Et tes heures d’émoi, Rose, sais-tu pourquoi ?

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Lorsque, dans nos buissons, refleurissent les roses, Que les oiseaux émus rebâtissent leurs nids,

Que le printemps revient ranimer toutes choses, Et les pins et les lys et les ormes brunis:;

Refrain

Lorsque tout près de toi mon cœur doucement chante L'hymne infiniment doux des amours éternels,

Que mon regard ému, sur ta bouche charmante Rêve de voir frémir des serments solennels:

Refrain Charles Gill (1871-1918) BIBLIOGRAPHIE. — Le Cap Éternité, poème descriptif et lyrique, suivi des Étoiles filantes et de traductions d’Horace (Montréal, 1919).

M. Charles Gill a collaboré aux Débats, au Nationaliste et à divers autres journaux, en prose et en vers.

M. Charles Gül naquit à Sorel, le 21 octobre 1871. I! fit ses études au Collège Saint-Laurent (près Montréal). A dix-neuf ans, il partait pour Paris, où il demeura cinq ans (1899-95), étudiant la peinture à l'École des Beaux-Arts, atelier Gérôme. Pendant son séjour dans la grande ville, il fréquenta beaucoup les cénacles littéraires de la Rive Gauche. Le Café Procope, où trônait le général Verlaine, l'attirait particulièrement. C’est là que, attentif aux remarques du maître et aux interminables discussions entre les disciples, il puisa le secret de l'art des vers. M. Charles Güll, que ses tab'eaux ont classé dans le groupe de têle des artistes canadiens, n’écrivait qu'à ses moments de loisir. Ses œuvres ont élé réunies et publiées par les soins pieux de sa sœur, Mademoiselle Marie Gill, après sa mort, survenue en 1918, à Montréal.

Gill fut pendant plusieurs années professeur de dessin à l'École normale Jacques-Cartier, à Montréal.

Au physique, Gill avait la taille, la prestance et la tête d'un dieu. Son visage olivûtre, encaûré dans la chevelure et la barbe d’Alphonse Daudet, et au fond duquel brilaient deux yeux sombres et doux à la foie, était de ceux qui se grarent dans la mémoire dès la première rencontre.

Edmond de Nevers écrivait le 3 mai 1902, dans la Patrie : €... Chacun reconnaîtra, par les extraits que j'ai cités, que, différent en cela de presque tous nos autres poètes et écrivains canadiens, dont les

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auvres sont crelusivement le produit de leurs lectures el où ne se mani- ‘este aucune personnalité, Charles Gill est bien lui-même; que son insscration n'emprunte rien à qui que ce soil; qu'il a celte distinction, encore inconnue c! 2 nous, d'être original... Son talent est délicat, gracieux, et d'une inspiration presque vertigineuse... Gill s’éprend de tout ce qui souffre, surtout des souffrances pour lesquelles notre société hypocrite n’a que d'r mépris el qui sont souvent les plus fatales. Et ses opinions à ce suget, 1! les a affirmées en des pages erquises, sans se soucier de la critique possible des repus. » à

Quelques années plus tard, le 22 octotre 1908, la Presse disait, en note édiloriale :

«Charles Gill est un poète de haute envolée. Pour que son talent donne toute sa mesure, il Lui faut le libre espace. Son inspiration se maintient jusqu'au dernier rers de ses pièces de longue haleine; c'est alors qu'il excelle à scander les alerandrins sonores el à lier Les strophes berceuses. Il plane à l'aise dans les hauteurs de la pensée. Ce magnifique poète possède trois qualités qui se renrontrent bien rarement ensemble chez un même homme : l'originalité, l'inspiralion élevée et la forme impeccable. »

LE CAP ÉTERNITÉ Chant Ile

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