AUTOMNALE
La blonde moisson à peine est coupée,
Et l’on voit jaunir le dôme des bois,
De brumes la terre est enveloppée;
La blonde moisson à peine est coupée.
De concerts d'adieu, triste mélopée !
L'on n'entend partout que mourantes voix.
La blonde moisson à peine est coupée,
Et l’on voit jaunir le dôme des bois.
La treille s’agite au vent, dépouillée, Les petits oiseaux y sont grelottants.
Ils l'ont, en partie, eux-mêmes pillée; La treille s’agite au vent, dépouillée, Les gais bataillons de la gent ailée Voleront tantôt vers d’autres printemps.
La treille s’agite au vent, dépouillée, Les petits oiseaux y sont grelottants.
sctrimstrtieebnihenner tr tr TERRES
ANTHOLOGIE DES POÈTES CANADIENS Gloire à vous, Seigneur, quand le soleil brille De feux moins ardents au front des hivers,
Et lorsrue à l'automne encore il scintille !
Gloire à vous, Seigneur, quand le soleil brille ! Sous les berceaux nus, pius de jeune fille; L'homme est mieux à vous, en ces deuils divers... Gloire à vous, Seigneur, quand le soleil brille De feux moins ardents au front des hivers !
(Lueurs d’aurore)
Gaston de Montigny
Gaston de Montigny a collaboré, tour à tour en prose et en vers, à nombre de journaux et revues, notamment le Journal (de Montréal), les Débats, le Pionnier, le Nationaliste. Ses écrits n’ont malheureusement pas été réunis.
Gaston de Montigny, frère aîné de Louvigny, naquit à Saint-Jérôme de Terrebonne, le 27 mai 1870. « Après des études tronquées chez les Jésuites de Montréal et au Petit Séminaire de Joliette — nous écrit quelqu'un qui l'a bien connu, — il a couru l'.:nérique, l'Europe et l'Afrique, littéralement, faisant de tout et ne faisant rien. Son tempérament, vous le connaissez aussi bien que moi; artiste jusqu’au bout des ongles, poèle, musicien, peintre, botaniste, astroloque, chimiste, bref, une espèce de Cyrano. »
Gaston de Montigny brilla dans le conte humoristique. Excellent latiniste, connaissant le français à fond, il brillait également dans la critique grammalicale. Fin 1829 el commencement 1900, pendant que Louis Fréchelle, fort de sa grande réputation, publiait des rectifications lericographiques et grammaticales dans la presse quotidienne sous le titre de Corrigeons-nous, de Montigny publia parallèlement dans les Débats une série de Corrigeons Fréchette.
Quand il ne faisait pas la bohème, de Montigny courait l'aventure. De là que, si remarquablement doué, ï! ait produit relativement si peu. C'ela explique aussi sa mort prématurée, survenue en 1914, à Montréal.
La date des vers que nous citons de lui nous est fournie par M. Albert Laberge, rédacteur à la Presse, qui l’a bien connu sur la fin de sa vie.