‹ Anthologie des poètes de MontmartreChapitre 153 sur 160 · IDEAL · texte numérisé non relu

IDEAL

Mon idéal, c'est une brune Aux lèvres si vermeilles, qu'une Abeille y viendrait déposer.

Un baiser.

Si mignonne et si potelée, Qu'un Chérubin, l'âme affolée, Un soir pour la voir se coucher S'est caché.

Lorsque brille son regard sombre, La frange des cils noirs fait ombre Sur la peau fine au délicat Incarnat.

Lorsque je vous connus. Madame, J'avais espéré que mon âme Possédait en vous pour toujours Ses amours.

N'êtes-vous pas brune, jolie, Jeune et rieuse à la folie > Ce trésor de charmes rêvés.

Vous l'avez I

Mais ici naît la différence; Mon idéal m'aime, et je pense Qu'il m'aimera jusqu'au trépas...

Et vous pas.

LA CHATELAINE

Elle songe, la châtelaine, Ses petits pieds dans le velours Cachés ainsi qu'un vol d'amours Parmi l'herbe en fleur de la plaine.

Or, l'imprudente souveraine, Elle a juré d'aimer toujours.

A porter des serments si lourds, L'amour parfois se change en haine.

Certes, la compagne d'un preux Ferme la bouche aux amoureux Qui lui confessent leur délire.

Mais son page a des chants si doux,

Il est si gentil à genoux,

Qu'elle punit... mais d'un sourire.

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