‹ Anthologie des poètes de MontmartreChapitre 4 sur 160 · SONNET NUPTIAL · texte numérisé non relu

SONNET NUPTIAL

Vous, fille d'un orfèvre — et lui, fils d'horloger ! Il ne faut rien de plus pour que l'on vous marie : Vous tiendrez la boutique « A la Vierge Marie » Que le contrat doit vous laisser en viager.

Robe blanche — habit noir — couronne d'oranprer Corbeilles et trousseaux — l'Église — la Mairie - Beau-père, guilleret — belle-mère, attendrie — Et votre fleur s'effeuille au lit d'un étranger

Vous placerez demain, sous un globe de vcirc;, Votre bouquet de noce, et^ matrone sévère, Dans neuf mois, donnerez un nls à votre époux.

Lui, fouillera les flancs des montres déréglées, Et, parmi le tic- tac régulier des coucous, Dieu bénira vos existences accouplées.

iwr le Vif Tr:âsc et Stock. 1886.

ANDRE BARDE

ANDRÉ BARDE

André Barde naquit à Meudon (comme une grisette de Paul de Kock), de père et mère parisiens et, chose plus rare, de grand-père et grand'mère parisiens du côté paternel. Après avoir fait un peu distraitement ses études au lycée Michelet, il aborde le journalisme, débute à La Paix (à i8 ans). Il y écrit les « au jour le jour », l'actualité humoristique, sous le pseudonyme de Puck. Il allait être payé : La Paix fait faillite.

Correspondant dessinateur du Petit Bleu àe Bruxelles, il dessine également à La Marotte, journal illustré éphémère et peu rémunérateur.

En 1895, à vingt ans, il publie Chansons cruelles, Chansons douces (Ollendorff), un volume devers, savoureusement préfacé par Jean Richepin, avec des musiques de Marcel Legay.

En 1897, il raconte ses vers à Trianon, dans la grande fournée des chansonniers; en 1898, il entre au Tréteau de Tabarin, où il reste deux ans. Parmi ses pièces sont connues surtout La Charcutière et V Employé des Postes. Ces poésies furent réunies depuis en volumes : Jeu de massacre (Ollendorff, 1899).

Ce livre paru, André Barde renonce pour toujours à interpréter en public ses poèmes bellement audacieux et finement littéraires et, en janvier 1900, il entre comme secrétaire à la Scala et à l'Eldorado, dont il devient en-

suite directeur artistique, et où il demeure cinq ans Entre temps, rédacteur et chef des échos au Gaulois, il fait ses débuts comme auteur dramatique au Grand Guignol avec Un Vol, deux actes, puis avec Maison de Rendez-vous; à la même époque, il publie une série de nouvelles étranges à la Nouvelle Revue, qui paraissent en volume sous le titre d'Au bord de la Folie, chez Simonis Empis (1901).

Puis il donne successivement au théâtre Le bon Numéro, un acte (Vaudeville) ; Monsieur complote, un acte (Mathurins, iQoS); Une mesure pour rien, un acte (Capucines, igob); La Traite des Blanches, un acte (Tréteau royal, 190(5); La Main droite, un acte (Variétés, 1906); Son petit frère, opérette en deux actes, musique de Gh. Cuvillier (Capucines); La Maîtresse de piano, cinq actes, en collaboration avec Félix Duquesnel i^Th. Sarah Bernhardt, 1907) ; enfin Le Cavalier Piociie (1907); Suiy, un acte (Capucines, 1908) et au même théâtre, On dit que..., fantaisie revue en deux actes, avec Michel Carré pour collaborateur (1908).

ANDRE BARDE

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