‹ Anthologie des poètes de MontmartreChapitre 48 sur 160 · LA-BAS · texte numérisé non relu

LA-BAS

Ad multos Morbihasinos.

Comme nous emportons toujours à la semelle Que l'on pourrait tirer de nos cuirs chevelus Un peu de cette terre aux contours résolus Dont nos rêves d'enfants ont sucé la mamelle.

11 me semble qu'à l'air de Montmartre se mêle L'âme des rocs lointains, des chênes, des talus, L'âme des genêts d'or, des clochers vermoulus, De la Bretagne et de la mer, vieille comme elle.

Et je voudrais soudain m'enfuir au fond des bois, Des bruyères où la musette, le hautbois, Nasillent des chansons divinement vieillottes...

Et je voudrais, ainsi qu'un simple végétal. Vivre, pousser là-bas, en plein pays natal,... S'il n'y fleurissait point tant de compatriotes I

LÉON DUROCHER Ï33

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