‹ Anthologie des poètes de MontmartreChapitre 91 sur 160 · SONNET EN ROSE · texte numérisé non relu

SONNET EN ROSE

Dans son boudoir tendu de rose, Cydalise Toute rose, en paniers de satins rose clair Est à son clavecin, martyrisant un air; L'abbé tourne la page avant qu'elle la lise.

Les meubles sont en bois de rose couleur chair, La fenêtre à vitraux, discrètement, tamise Un jour tendre qui rose un flocon de chemise Fleur de dentelle éclose au corsage entr'ouvert.

Pourtant, l'abbé coquet, sans vicaire et sans pages, Tourne de plus en plus éperdument les pages; L'amour commencera quand l'air sera fini.

Et tous les deux iront, causant de mille choses. Vers le lit rose au pied duquel Boucher peignit De roses Cupidons dans des nuages roses.

l'omnibus

L'omnibus, véhicule âpre et rudimentaire, Chaud l'été froid l'hiver, coûtant trois ou six sous, Ne sera plus, quand ces temps-ci seront dissous, Qu'un s uvenir des anciens âges de la Terre.

S'il fait sec, selon la norme réglementaire, ||

Dans un magma de gens, toujours gros, parfois saouls, On vous fourre dedans, autant dire : dessous ; S'il pleut, montez là haut, que l'eau vous désaltère.

L'omnibus a l'esprit de Contradiction;

Et, place de la Bourse, à cette station

Qui des points terminus est à distance égale.

Si je veux retourner aux quartiers d'où je vins

C'est toujours 1 lalle aux Vins, lorsque j'attends Pigalle,

Et Pigalle, toujours, quand j'attends Malle aux Vins.

LOUIS MARSOLLEAU 2))

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