‹ Anthologie des poètes de MontmartreChapitre 92 sur 160 · SAINT-SYLVESTRE ET PREMIER JANVIER · texte numérisé non relu

SAINT-SYLVESTRE ET PREMIER JANVIER

Je me figure Saint-Sylvestre, quand j'y pense. En habit noir, coiffé d'un claque, épée au flanc, Tels les ordonnateurs qui vont déambulant Aux obsèques des morts pour qui l'on fît dépense.

Conduit-il pas le deuil des douze mois de l'an? Des jours maigres, des jours qui s'emplirent la panse, De ce qui fut, heur et malheur, — Tout se compense ! — Notre vie, et n'est plus que cendres s'en allant?

Or, au coup de minuit, le :onvoi qu'il emmène Croise un cortège gai, guidé d'un air amène Par le Premier Janvier, ménétrier joyeux,

Qui précède; l'archet aux doigts, la ribambelle Des jours de notre vie à venir, que nos yeux, Ne la distinguant pas encor, supposent belle!

Tancrède Martel, né à Marseille, le i5 Mars i856, fit ses études classiques dans sa ville natale et collabora à divers journaux locaux. En 1879, paraissait son premier volume de vers : Les Folles Ballades, que Jean Richepin, d'abord puis Théodore de Banville, et Charles Monselet signalèrent à l'attention du public. La même année, le jeune poète vint à Paris, publia des poèmes dans la yewwe France, des nouvelles au Temps et au Fi^^aro (supplément littéraire). Il appartint ensuite aux journaux : L't/nion républicaine^ LeSoir^ comme chroniqueur, La Lanterne où il rédigea la critique dramatique et musicale.

En 18S7, il donnait son second volume de vers, Les Poème à tous crins, et débutait dans la prose par le joli recueil de contes : La Main aux Dames. Ses débuts dans le roman de mœurs se firent aussi la même année avec L'Homme à l'hermine.

Il a fait représenter depuis cinq pièces en vers sur divers théâtres de Paris, dont deux à la Comédie-Française. Il a aussi donné un certain nombre d'articles et de nouvelles au Figaro illustré. Les grands succès du Prince de Hanau {1907) et de Blancaflour (1908), celui de Au Palais Cardinal à la Comédie- Française lui ont valu d'être considéré par Jean Richepin, l'illustre poète de la Chanson des gueux comme un « romancier de premier ordre » et « l'un de nos meilleurs dramaturges en vers )) (voir Comœdia).

En 1905, l'Académie Française a décerné à Tancrède Martel un prix Monbinne pour l'ensemble de ses œuvres.

BIBLIOGRAPHIE

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