PÉGASE
Glorieuse volupté. J'ai recherché ton visage Dans les ivresses du sage Et les parfums de l'été.
Mais je connais ta beauté Qui rayonne sous Toutrage Et le lumineux passage De ta sourde impureté.
Sanglant rubis dans le sombre Secret de silence et d'ombre Tu dispenses, gerbe d'or,
Les fruits mortels de la honte, — Froide horreur où sonne encor Cette chaîne qui te dompte.
Renaissance de la lumière ' Splendeur vivante de la chair, Ton doux sang frais, ton sang si clair Où vibre la ferveur première.
Et jaillissant de ce mystère Gomme Amphitrite de la mer, Beau corps déchiré par le fer, De cette astreinte se libère.
O lune errante, dans ton cœur Source inflexible de douleur I Le soleil a lui sur le monde '
Et frémissant à sa clarté, Pourpre délire de son onde, Tu défailles de volupté.
Dans l'eau fuyante et dans l'azur,. Lourdes fleurs, froides pierreries.
Souffles des vents sur les prairies, J'ai tout désiré d'un cœur pur.
go LES POÈTES DU DIVAN
Si j'ai songé parfois d'un sûr Délice à tes lèvres meurtries De plaisirs et de rêveries, Je suivais le principe dur
Issu des nombres et des sphères Où, jeu d'aurore et de lumières.
Le monde a trouvé sa raison.
Vaine gloire des apparences, J'ai dépassé tout horizon, Ivre de vie et de cadences.
(Inédit.) (Août 1922)