‹ Anthologie des poètes du Divan. Avec une introductionChapitre 15 sur 86 · PENSIVE · texte numérisé non relu

PENSIVE

Pensive, supportant le poids de ton plaisir. Ame ardente soumise à l'afflux du désir, Quel étrange destin te hante et te consume Et quel goût remâché de cendre et d'amertume Donne à ta bouche un pur dégoût de toute chair ? Ah 1 comme aux jours premiers il souriait le clair Délice d'un présent tout parfumé de roses Où, silences unis, chant des métamorphoses. Tout ton corps épousait l'aurore et le printemps Et tes seins se miraient aux fleuves inconstants. Mais le sable a crié sous ta marche nocturne Et l'eau de la fontaine a fait déborder l'urne Où les roses mouraient à l'approche du soir. Voici fleurir au fond du mystère le noir Iris dont la corolle a frémi sur ta bouche... O Nymphe, dont l'amour est cruel et farouche Et dont la chair enfante un ténébreux souci, La mort est comme toi divine et sans merci.

(Inédit.) (Août 1923.)

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