‹ Anthologie des poètes du Divan. Avec une introductionChapitre 4 sur 86 · DE PROFUNDIS · texte numérisé non relu

DE PROFUNDIS

Du plus profond de la tranchée, Nous élevons les mains vers vous.

Seigneur ! ayez pitié de nous Et de notre âme desséchée I

Car plus encor que notre chair.

Notre âme est lasse et sans courage.

Sur nous s'est abattu l'orage Des eaux, de la flamme et du fer.

Vous nous voyez couverts de boue.

Déchirés, hâves et rendus...

Mais nos cœurs, les avez-vous vus ?

Et faut-il, mon Dieu, qu'on l'avoue ?

Nous sommes si privés d'espoir, La paix est toujours si lointaine, Que parfois nous savons à peine Où se trouve notre devoir.

Eclairez-nous dans ce marasme, Réconfortez-nous, et chassez L'angoisse des cœurs harassés ; Ah 1 rendez-nous l'enthousiasme I

Mais aux Morts, qui tous ont été Couchés dans la glaise ou le sable.

Donnez le repos ineffable, Seigneur I ils l'ont bien mérité I

FRANÇOIS BERTHAULT Né au Mans en 1889.

Collaboration poétique au Divan : no 81, juillet 1922. Bibliographie : Des heures sous le ciel : I. La Beauté. « Le Divan », 1920. — Des heures sous le ciel : IL Le drame. « Le Divan », 1921.

A consulter : Le Divan, i\° 68, novembre 1920. — Les Marges, janvier 1921. — Le Mercure de France, janvier 1921. — Le Feu, !«' août 1921. — Le Divan, n° 74, novembre 1921 ^

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