‹ Anthologie des poètes du Divan. Avec une introductionChapitre 85 sur 86 · LE CONCERT · texte numérisé non relu

LE CONCERT

(de Léonardesques.)

On jouait près de lui, dit-on, pour Monna Lise, Des morceaux où la fraîche et tendre vocalise D'une femme chantant s'unissait au concert Des nombreux instruments dont l'orchestre se sert Il aimait l'éphémère et sonore édifice.

Pour son art la musique était une complice : Avec elle, il entrait dans un monde sacré. Mais il ne cherchait pas l'hymne désespjéré, L'hymne où le cœur humain se perd et se déchire. Léonard méprisait les charmes du délire. Il voulait seulement que les purs violons, Les théorbes, les luths, les flûtes aux beaux sons Donnassent à ses yeux, à ses mains, à son âme Non le frémissement et l'éclair d'une flamme, Mais la sérénité d'un long rayon jeté Par un astre puissant au soir d'un jour d'été. Il peignait, clairvoyant, grave, attentif et libre, Ayant trouvé les lois du divin équilibre Qui, d'un visage humain, d'un concert, d'un tableau, Font un seul univers, volupté du cerveau. (Rayons croisés.)

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