‹ Anthologie des poètes du DivanChapitre 22 sur 85 · LA BACCHANTE · texte numérisé non relu

LA BACCHANTE

Dans la chambre bien close où nous cloître l'hiver Tu viens jusqu'au grand feu qui ronfle sous la trappe Et, lui tendant tes mains qu'il rougit, tu as l'air De presser sous tes doigts le sang chaud d'une grappe.

Un large flot de pourpre enveloppe ton corps Et le feu, comme un dieu de la fable, écarquille Dans sa face écarlate, et qui rit et qui mord. Ses yeux où le désir en flamboyant grésille.

Tes cheveux sont défaits, ton visage est en feu Et je vois peu à peu, monter, ivre et dansante. Dans cette chambre tiède et familière, — au lieu D'une amante frileuse, — une antique Bacchante 1 (Inédit.)

LÉON DEUBEL

Né à Belfort le 22 mars 1879 ; mort, noyé dans la Marne, en

Collaboration poétique au Divan : n° 12, juin 1910.

Bibliographie : La Lumière natale. < Le Beffroi », 1905, « Mercure de France », 1922. — Régner, « Mercure de France », 1913.

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