SEIGNEUR, JE NE SAIS PLUS
Seigneur, je ne sais plus mentir à ma misère : Je vous parle à genoux sans croire à mes discours, Puisqu'enfin ce n'est pas une simple prière Qui peut rassasier ce cœur mourant d'amour.
J'ai trop erré, j'ai soif d'une eau qui désaltère, Et j'ai trop attendu : les temps humains sont courts. Si je suis votre enfant, si vous êtes mon père. Laissez-moi chercher seul un terrestre secours.
Dans un trop grand désastre on ne peut plus combattre, Et tout cédant alors, on faiblit tout d'un coup : J'ai besoin d'un ami qui soit moins loin que Vous...
Car je vis ! car j'entends mon cœur gémir et battre, Hélas !... Et délaissant vos pensives hauteurs. Je rêve à d'imparfaits et doux consolateurs...
(Le Cahier noir.)