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LE CONCERT

(de Léonardesques.)

On jouait près de lui, dit-on, pour Monna Lise,

Des morceaux où la fraîche et tendre vocalise

D'une femme chantant s'unissait au concert

Des nombreux instruments dont l'orchestre se sert

Il aimait l'éphémère et sonore édifice.

Pour son art la musique était une complice :

Avec elle, il entrait dans un monde sacré.

Mais il ne cherchait pas l'hymne désespéré,

L'hymne où le cœur humain se perd et se déchire.

Léonard méprisait les charmes du délire.

Il voulait seulement que les purs violons,

Les théorbes, les luths, les flûtes aux beaux sons

Donnassent à ses yeux, à ses mains, à son âme

Non le frémissement et l'éclair d'une flamme,

Mais la sérénité d'un long rayon jeté

Par un astre puissant au soir d'un jour d'été.

Il peignait, clairvoyant, grave, attentif et libre.

Ayant trouvé les lois du divin équilibre

Qui, d'un visage humain, d'un concert, d'un tableau,

Font un seul univers, volupté du cerveau.

(Rayons croisés.)

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