‹ Anthologie des poètes français du XIXème siècleChapitre 112 sur 131 · ALBERT MER AT · texte numérisé non relu

ALBERT MER AT

On

peut voir en toute saison

Des fils de fer formant treillage

Faire une fête à la maison

De quelques bribes de feuillage.

Dès qu'il a fait froid, leurs couleurs Ne sont plus que mélancolie; Mais cette habitude des fleurs Est parisienne et jolie.

Ainsi, tout en haut, sous les toits, L'enfant aux paupières gonflées, Qui coud en se piquant les doigts, A près d'elle des giroflées.

Quelquefois même, et c'est charmant, Sur la tête de la petite On voit luire distinctement Des étoiles de clématite.

Aux étages moins près du ciel, C'est très souvent la même chose :

Un printemps artificiel Fait d'un œillet et d'une rose.

Dans un pot muni d'un tuteur, Où tiennent juste les racines, Un semis de pois de senteur Laisse grimper des capucines.

Les autres quartiers de Paris Ont des fleurs comme les banlieues :

C'est que le ciel est souvent gris, Et qu'elles sont rouges et bleues ;

YJ.20 ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.

C'est qu'on trouve un charme en effet A ce fantôme de nature, Et que le vrai sage se fait Des bonheurs en miniature.

(Poèmes de Paris)

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