ERNEST PRA ROND. IOÇ
Le livre ouvre sa page, et la fleur sa corolle. Du livre et de la fleur le vent prend la parole, Fond l'antique savoir dans l'odeur du matin, Et, son hymne ainsi fait, le porte au mont latin.
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Du côté du midi, le ciel d'un blanc d'argent, De filets nuageux marbré comme une pierre, Où, bien haut, l'hirondelle apparaissait nageant, D'un éclat douloureux fatiguait la paupière.
Sur ma tête, le ciel d'un pur bleu d'outremer, A peine par endroits, dans sa profondeur vague, Semé de flocons blancs, muait comme la mer Lorsqu'un remous léger fait moutonner la vague.
Du côté du levant, d'où venait un vent doux, A l'opposé du point que gagnait l'incendie, Le ciel plus gris berçait des nuages plus roux, Où déjà la lumière était comme engourdie.
Du côté du couchant, on pouvait deviner Le Pnyx du ciel, aimé du riche crépuscule Dont l'éloquence d'or s'applique à nous donner Les secrets du soleil qui sous la mer recule.
HO ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.
Les villages de loin semblaient des bois épais D'où ne montaient dans l'air ni rumeur ni fumée ; La campagne déserte était pleine de paix, Le grillon chantait seul sous l'herbe consumée.
Un moulin, que cachait un défaut de terrain, Semblait, dressant ses bras au niveau de la plaine, Un éternel semeur jetant au loin son grain Et sur la terre nue ouvrant sa droite pleine.
Les chevaux à cette heure étant au râtelier,
Les moissonneurs dormaient au pied des rondes meules,
Et l'on voyait à peine en leur pas régulier
Quelques filles des champs qui s'en revenaient seules.
Tournant à grands coups d'aile au-dessous du ciel clair Et profitant de l'heure où le moissonneur chôme, Comme des écoliers en l'absence du clerc, Des bandes de pigeons s'abattaient dans le chaume.
Je m'étais assis, lourd, ayant soufflé d'ahan.
Dans le trèfle voisin mon chien fourrageait, frisque,
Et, pour indiquer l'heure en l'agreste cadran,
Les pommiers à leurs pieds jetaient une ombre en disque.
Et véritablement, en contemplant ce ciel Et ces calmes aspects de la terre féconde, Je ne pensais à rien, contemplateur charnel, A rien qu'à ce beau ciel sur cette terre blonde.
Qui m'eût dit cependant : « Ce point de la saison Et cette heure du jour, homme, te représentent Le milieu de la vie en pleine fauchaison, Quand l'esprit s'est repu des fictions qui mentent; »