‹ Anthologie des poètes français du XIXème siècleChapitre 48 sur 131 · ÉSIG^CO^CS-^OUS · texte numérisé non relu

ÉSIG^CO^CS-^OUS

C'est la saison des avalanches; Le bois est noir, le ciel est gris, Les corbeaux dans les plaines blanches, Par milliers, volent à grands cris; — Mais, bientôt, de tièdes haleines Descendront du ciel moins jaloux, Avril consolera les plaines...

Résignons-nous.

C'est l'orage! Les eaux flamboient En se heurtant comme des blocs, Les dogues de l'abîme aboient Et hurlent en mordant les rocs;

ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.

— Mais demain tous ces flots rebelles Se changeront, unis et doux,

En miroirs pour les hirondelles...

Résignons-nous.

C'est l'âge où l'homme nie et doute :

Soleils couchés et rêves morts!

A chaque tournant de la route, Ou des regrets ou des remords!

— Mais, bientôt, viendra la vieillesse Elevant sur nos fronts à tous

La lampe d'or de la sagesse...

Résignons-nous.

Ceux qu'on aima sont dans les tombes.

Les yeux adorés sont éteints, Dieu rappelle à lui nos colombes Pour réjouir des cieux lointains...

— Mais, bientôt, d'une âme ravie, Seigneur! pour les rejoindre en vous, Nous nous enfuirons de la vie...

Résignons-nous.

JOTEUSE ET VU%oiD^JD(AL

La France, dans ce siècle, a deux grandes épées Deux glaives, l'un royal et l'autre féodal, Dont les lames d'un flot divin furent trempées : L'une a pour nom Joyeuse, et l'autre Durandal.

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