CLAUDIUS POPELIN
laudius Pope lin, né à Taris en 1825, s est acquis une juste célébrité par des peintures sur émail représentant, avec une remarquable exactitude historique, des portraits et des allégories. Il est V auteur d'ouvrages spéciaux fort estimés sur tari de l'émail et sur l art du potier. C'est par un volume de vers, Cinq octaves de Sonnets, publié en i8y^, qu'il appartient à cette ^Anthologie. On y trouve les qualités de précision et de style qui lui ont fait une place à part dans le monde artistique.
COD^STcAD^ÇE
Constance! on peut briser le front des citadelles, Que ta vaillante main tient le drapeau toujours; Et tu sais résister à l'indomptable cours Du torrent déchaîné des fortunes rebelles.
Le ciel des vains appâts ne tente point tes ailes ; Tu gardes à ta foi ton chaleureux secours. C'est quand vient à sonner l'heure des mauvais jours Que tu t'épanouis au fond des cœurs fidèles,
If)4 ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.
Vertu faite d'amour et de solidité,
Qui soutiens l'âme humaine et qui la rends plus fière
En maintenant debout la conscience altière!
Vertu mâle et sereine, 6 noble déité,
Qui rattaches et joins dans un commun emblème
Le principe qu'on sert et la femme qu'on aime!
LES SOC^d^CETS
Ou and l'oxyde aura mis sur les plombs du vantail Sa morsure affamée, et quand le froid des givres, Sous sa flore enroulée aux méandres des guivres, Aura fait éclater les feuilles du vitrail,
Quand les blés jauniront les iles du corail, Quand les émaux figés sur le galbe des cuivres Auront été brisés par des lansquenets ivres, Quand la lime des temps finira son travail,
Les beaux sonnets inscrits sur la stèle d'ivoire De l'œuvre évanoui conserveront la gloire Afin de la narrer aux hommes qui vivront;
Et le bon ouvrier, sous le marbre des tombes, Gardera verdoyants, au fond des catacombes, Les lauriers que l'oubli sécherait sur son front.