‹ Anthologie des poètes français du XIXème siècleChapitre 53 sur 131 · DIONYS ORDINAIRE · texte numérisé non relu

DIONYS ORDINAIRE

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Point de soleil qui leur sourie, Point de ciel bleu !

Comment font-ils en Picardie Pour croire en Dieu?

Ils ont là-haut une lanterne

De papier blanc, Qui vacille dans un ciel terne

Au moindre vent.

C'est le soleil de l'Angleterre,

C'est l'Apollon Oui mûrit la pomme de terre

Et le houblon.

O splendeur et magnificence

Des pays plats!

Les brouillards rampent en silence

Sur les colzas 5

Tandis qu'entre la betterave

Et le froment La Somme au pas tranquille et grave

Passe en dormant.

Hélas! j'ai bien froid, dit la terre,

Et le soleil Répond en clignant la paupière :

J'ai bien sommeil!

lOS ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.

Astre douteux, lumière brune, Quand tu nous luis,

On croit voir grelotter la lune Au fond d'un puits.

Tu n'es que le Sosie indigne

Du vrai soleil Qui fait circuler dans la vigne

Un sang vermeil,

Ecumer les jeunes automnes Dans les pressoirs,

Et pétiller des vigneronnes Les grands yeux noirs.

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