‹ Anthologie des poètes français du XIXème siècleChapitre 60 sur 131 · OCTAVE LACROIX · texte numérisé non relu

OCTAVE LACROIX

— « Sous les flots des mers azurées Je cherche à voir, dit le Pêcheur, La Nymphe aux épaules nacrées...

Dans un rêve elle a pris mon cœur. »

Que d'enchantements ! que d'ivresses Appellent tes illusions :

Ici, l'amour et ses caresses, Là-bas, la gloire et ses rayons !

Plus loin la fortune sonore Et ses adorateurs jaloux...

Poète, entre des biens si doux, Choisis... Peux-tu tarder encore?

— « Mon cœur, dit l'autre, est tourmenté D'un désir immense et sans trêve.

J'aime la belle Vérité...

Une nuit, je l'ai vue, en rêve. »

Vous êtes deux fous ici-bas, Pauvre Pêcheur, pauvre Poète!

Vos amantes ne viendront pas. .

En vain l'eau s'agite, inquiète, Dans les gouffres mystérieux, Il n'est aucune Nymphe, aucune!

Et nul ne voit, hormis les dieux, La Vérité, s'il en est une.

— « Tais-toi, car tu nous fais du mal. Va-t'en! répondent les deux Frères. Passant, retourne à tes affaires...

La nôtre, à nous, c'est l'Idéal! »

LEOPOLD LALUYE

aluyé (Léopold), né à Taris en 182c, est particulièrement connu par ses œuvres de théâtre. La plus remarquée, Au Printemps, un acte en vers d'une fraîcheur idyllique, eut un vrai succès à ÏOdéon en 18 fj., dans la jeunesse des écoles, et fut applaudie depuis à la Comédie française.

Hauteur appartient à cette cAnthologie par un volume de Poésies publié en 1872, recueil où dominent surtout les purs sentiments de la famille et de la patrie.

oA UtNiE JEUZNIE FILLE

J'ignore votre nom, je ne sais pas votre âge, Je ne sais rien de vous que votre air de bonté; Dieu dans votre chemin m'a si souvent jeté Que maintenant mon cœur est plein de votre image.

Est-ce tout simplement hasard ou bien présage Que cette vision, douce fatalité, Qui verse dans mon ombre un rayon de clarté, Et me met sans pitié la pâleur au visage?

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