‹ Anthologie des poètes français du XIXème siècleChapitre 67 sur 131 · PHILIPPE GILLE · texte numérisé non relu

PHILIPPE GILLE

auteur lyrique non seulement novateur, mais aussi plein de charme et d imagination.

Ses poésies ont été publiées par oi. Lemerre.

Lc4 FIGVBJU^E

Je te reconnais bien, figurine joyeuse!

Un soir, à son souper, d'une miette de pain, Tout en me souriant, la rapide oublieuse Te créa, te pétrit aux blancheurs de sa main !

En te voyant debout, elle se prit à rire; Tes jambes se ployaient, ta tête se courbait, Ton grotesque assemblage augmentait son délire, Une larme de joie en ses beaux yeux tremblait!

Aujourd'hui rien n'est plus que ta forme séchée ! Loin de redemander ces rires d'autrefois A tes membres tordus, à ta tête penchée, J'y cherche seulement l'empreinte de ses doigts!

Lo4 TETITE JEcA^QC^E

Votre bras au mien enlacé Et sous forme de badinage, Voulez-vous bien au temps passé Avec moi refaire un voyage?

Nous pourrons évoquer tous deux Votre printemps et ma jeunesse; J'ai trente ans, et même un peu mieux, Vous dix-sept, sans qu'il y paraisse !

J'ai senti, parfum à parfum, Fleurir les jours de votre enfance, J'ai vu s'éveiller, un à un, Les charmes de votre innocence.

Comme l'abeille du matin Sur le lis que son aile touche, J'ai vu se poser enfantin Le sourire sur votre bouche.

Auprès du foyer paternel

Vous demandiez à ma mémoire

Quelque récit surnaturel

Que vous appeliez : une histoire!

Vous cherchiez d'un air curieux Les salamandres dans la flamme, Et moi, dans le fond de vos yeux, Je regardais passer votre âme!

J'étais trop heureux de conter Cent merveilles pour un sourire, Et je parlais sans m'arrêter, Moi qui ne sais plus rien vous dire !

Je prenais vos petites mains Dans la mienne, et, toute tremblante, Vous pensiez à mes noirs lutins, A la fois peureuse et charmante !

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