‹ Anthologie des poètes nouveaux. Avec une préface de Gustave LansonChapitre 102 sur 124 · DÉPART · texte numérisé non relu

DÉPART

A John- Antoine Nau.

Ainsi, nous ramerons, Octobre, par mer haute Dans ce ciel traversé de tes cent mille mâts, Et quand moutonnera le nuage^ notre hôte, Ma voile opposera sa flamme à tes frimas ;

Des Fantômes, celui que je traîne à ma suite, Soupirera : je meurs, entre mes bras pâmé, Pour que la vague jointe à la vague m'incite A mordre sur sa couche un aspic embaumé .

Car je sais embrasser même l'horreur du vide Lorsque l'abîme en vous prend la forme d'un sein, Puis dans la glauque mer noyer l'amour avide Pour faire un lit plus calme au soir, votre assassin,

Egalant mon ardeur à l'océan aveugle

Baisé de chaque aurore, et dont saigne au couchant

Le muQe rouge et or du beau soleil qui beugle

Au christ de pourpre sombre expiré dans un chant.

(Narcisse rêçe...)^ à paraître.

André SALMON

Né à Paris, le 4 octobre 1881.

De souche parisienne, avec des origines champenoises. Il quitte très jeune la France pour suivre à Saint-Pétersbourg son père Taquafortisle Éraile Salmon. Plus tard il devait retourner seul en Russie .

Il collabore au Festin d'Esope, à la Plume. Paul Fort lui ollre le secrétariat de rédaction de Vers et Prose et Salmon travaille à l'organisation de ce beau périodique. Par goût de l'aventure, il se fait, par la suite, comédien; traverse la Belgique, la Suisse, l'Allemagne, déjà parcourues, visite la Hollande, l'Autriche et toute la France. Deux ans plus tard il fait ses premières armes de journaliste, renonçant vite à la grande information pour la critique d'art, sans avoir un instant abandonné la poésie. Accueilli par les aînés du symbolisme, il adopta le vers libre mais y renonça vite. Jean Moréas fut son maître d'élection et d'autres, dans le passé, lui donnèrent le courage de ne point mépriser une fantaisie qui lui est naturelle.

lUbliographie :

oKuvres : Poèmes, (Paris, 1903, Édition de Vers et Prose),

— Les Féeries, poésies ;Paris, 1907, Édition de Vers et Prose).

— La Calumet, poèmes (Paris, 1910, Falque, éditeur). — La jeune peinture française (Paris, 1912, MEssEI^, éditeur).

A paraître : Le Manuscrit trouvé dans un chapeau^ Monstres choisis, contes et nouvelles. En préparation : Les Caprices, poèmes.

Collaboration : à La Plume, au Festin cV Esope, à La Jeune Champagne, au Damier, à La Revue de Paris et de Champagne, à Vers et Prose, à la Revue Immoraliste, à Poésie, aux Cahiers de Mécislas Golberg, à Jsis, à Vile Sonnante, au Mernire de France, au Masque de Bruxelles, aux Nouvelles de la

République dss Lettres qu'il fonda en 1910, à Progrès, aux Marges j à La Vie Française, à Idi Revue Scandinave, à Grœcia. Il a donné, en outre, des fantaisies au Témoin, à V Assiette au Beurre, à Fantasio, au Figaro, etc. ; des articles sur la vie, les mœurs et l'art, à Y Intransigeant, au Soleil; des chroniques d'art à Paris-Journal et au GilBlas; des contes et nouvelles au Soleil^ à Paris- Journal, au Journal, au Gil BlaSy elc.

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