‹ Anthologie des poètes nouveaux. Avec une préface de Gustave LansonChapitre 44 sur 124 · LA MORT DU DERNIER FAUNE · texte numérisé non relu

LA MORT DU DERNIER FAUNE

A la fourche du bois le faune s'est pendu. Noël. Dense aux pignons, un faix de neige bâte Les hameaux^ et, vers l'arbre où le dieu meurt, se hâte, Hostile, un grand concours de peuple morfondu.

L'on crie : « Ah! le suppôt! L'enfer n'a que son dû! » Solennel, l'échevin, d'un doigt prudent, le ta te; Un évoque, à cheval, le baptise à la hâte; Mais le corps étalé semble un arc détendu.

Or, tandis que du monstre on dispute, Marie, Une garcette grosse, à la taille équarrie, Accorte, avec ses seins dorés sous le mouchoir,

Fend les groupes, s'élance, et, dévote à son maître, Embrasse étroitement le petit dieu champêtre Et sur son front velu baise l'ombre d'un soir.

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