‹ Anthologie des poètes nouveaux. Avec une préface de Gustave LansonChapitre 45 sur 124 · LE LIT · texte numérisé non relu

LE LIT

Dans la chambre sacrée autant qu'un sanctuaire Où l'Amour et la Mort tour à tour sont conduits,

Le lit s'offre à celui qui pleure et désespère, Tel un navire en panne au large de la nuit.

Porteur des émigrants de la vie coulumière, Iliiut- voilé de rideaux, il sillonne, sans bruit, Les océans de l'ombre inondés de lumière Par les fanaux du rêve et des soleils enfuis.

Au fond de sa carène étroite et immobile,

L'Homme vient s'affranchir de la tâche servile

Et des remords qui le rongèrent de leurs chancres,

Jusqu'à ce qu'au sommet d'aériens escaliers L'aurore paraissant, il songe à jeter l'ancre Au port resplendissant des meubles familiers.

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