‹ Anthologie des poètes nouveaux. Avec une préface de Gustave LansonChapitre 6 sur 124 · LA DORMEUSE · texte numérisé non relu

LA DORMEUSE

Lorsque ton bras plié sous ta nuque sauvage

Est encore asservi Par le tranquille faix, par le vaste servage

Du temps et de la nuit,

Mon cœur, pour épargner ces fardeaux à ton rôve,

Lutte inutilement Contre le balsamique opium qui s'élève

De tes jardins dormants.

Ton sommeil est plus fort que toute ma pensée,

Plus grand que mon ennui, Car je porte le deuil de nos saisons blessées

Moins noblement que lui.

Et je puis voir, malgré les lampes infidèles,

Le silence et la mort S'appesantir en vain sur ton souffle dont l'aile

Les porte sans effort!

{Le Bocage amoureux^ 1908-1911.)

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