OFFRANDE A LA MORT
Amante des floraisons tombales, chlorotiaue fleur des pavots, entends le choc dru sur tes dalles sonores de mes pauvres os.
Je viens t'apporter la couvée d'oiseaux de Mort que j'ai trouvée dans le jardin de mon ennui.
J'ai glané dans le vieux parterre où l'on a semé des grand croix et des morts tout nus dans la terre avec des cyprès près de soi .
C'est de l'habitacle de nuit que j'ai cueilli ces dionées, au pur jardin de mon ennui.
Pour te plaire mon androgyne j'ai fait plus ample la cueillée de feux-follets et d'apocynes par les soirs mornes des veillées.
Voici l'offrande de mon cœur que, seule, enlinceule mon âme; accepte-les avec ces fleurs.
Fais-moi mourir de bon trépas, ô toi sur que j'ironisais en te forgeant quelques bouquets de vieux dédains qui n'étaient pas.
Puis tiens, c'est Tholocauste, dame !
d'oiseaux de Mort et de douleur qui sont issus de ma pauvre âme.
igoi à jgo4'
Jacques NAYRAL
Né à Remiremont (Vosges)
Débute dans la littérature en novembre 1908 avec un roman sur les mœurs politiques de la province, le Miracle de Courteville. A publié depuis : A l'Ombre des Marbres, poèmes (1909), la Dentelle des Heures, poèmes, 1910, l'Etrange Histoire d'André Léris, curieux roman divisé en quatre épisodes dans lesquels l'auteur se révèle tour à tour observateur et psychologue pamphlétaire, conteur tragique et surtout peintre émouvant de la montagne vosgienne. A fait jouer, seul ou en collaboration, diverses pièces de théâtre.
A collaboré ou collabore, comme conteur, chroniqueur, critique littéraire et dramatique, à Gil-Blas, Les Sports, La Petite République^ Paris-Journal, Les Pages Modernes, La Revue Indépendante, Verset Prose, Revue d'Europe et d'Amérique.
A consulter : Alexandre Mercereau. La Littérature et les Idées Nouvelles; Florian-Parmentier : Anthologie-critique.
Iconographie : Pages modernes (1909), Comœdia (1911) Anthologie-critique (1912), Salon d'Automne (19Uj peinture par Albert Gleizes; Société nationale des Beaux-Arts, 1909, buste par Charles Joly ; A V Ombre des Marbres, croquis par Jules Adler.