NARCISSE RÊVE
A Victor Litsehfousse .
Le clair de l'âme s'est lentement aboli
Dans l'azur de ce soir qui nous fait un peu honte,
Narcisse!., un flot de ciel nous submerge d'oubli.
Le corps adolescent de l'androgyne monte
A l'aurore, à la nuit égal en volupté.
O triste déité de mon ombre légère !
En l'eau teinte de moi je vois la passagère
Et ma lèvre a tari la bouche de 1 Eté.
Pour un pétale mort, mon rôve déserté
Des roses, sidéral, s'étiole en corymbes
Funéraires. . . je sens caduque la Beauté I
Feintes roses laçant les heures que tu nimbes ! . . .
Mais, lys, consolez-moi de l'autre nudité.
Car, Narcisse, pâmée à la chair que corrode
Ta chasteté, la nymphe impure, Echo, maraude
Pour toi, l'hier en fleurs de l'immortalité.