‹ Anthologie des poètes nouveaux. Avec une préface de Gustave LansonChapitre 97 sur 124 · NARCISSE RÊVE · texte numérisé non relu

NARCISSE RÊVE

A Victor Litsehfousse .

Le clair de l'âme s'est lentement aboli

Dans l'azur de ce soir qui nous fait un peu honte,

Narcisse!., un flot de ciel nous submerge d'oubli.

Le corps adolescent de l'androgyne monte

A l'aurore, à la nuit égal en volupté.

O triste déité de mon ombre légère !

En l'eau teinte de moi je vois la passagère

Et ma lèvre a tari la bouche de 1 Eté.

Pour un pétale mort, mon rôve déserté

Des roses, sidéral, s'étiole en corymbes

Funéraires. . . je sens caduque la Beauté I

Feintes roses laçant les heures que tu nimbes ! . . .

Mais, lys, consolez-moi de l'autre nudité.

Car, Narcisse, pâmée à la chair que corrode

Ta chasteté, la nymphe impure, Echo, maraude

Pour toi, l'hier en fleurs de l'immortalité.

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