‹ Anthologie des poètes nouveaux. Avec une préface de Gustave LansonChapitre 98 sur 124 · IMMORTALITÉ · texte numérisé non relu

IMMORTALITÉ

Pour Marie

J'ai longtemps contemplé ce feuillage incolore Feinte de ta teauté sous un néc.nt d'azur : Les rameaux couronnés de nul espoir qui dore, Et l'heure emprisonnant l'espace de son mur — La mer barrait le ciel d'un isthme de lumière Gomme au pied de ce chêne une rose trémière Allonge tendrement son cippe de clarté Où dans un flot de jour à sa gloire jeté La vie universelle en instants s'évapore... Maintenant, devenue une tige sonore, Mon âme à l'arbre humain immole son amour. Fui l'azur éternel, c'est le tien que j'honore Quand du tronc déserté surgissant à ton tour Tu veux que tout fleuri de ce lierre vivant Je tende aux branches d'or dont j'ai tari le sang Ton destin de clarté que nous cachait laurore !

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