‹ Anthologie du journalisme du 17e si©·cle © nos joursChapitre 102 sur 171 · M™« EMILE DE GIRARDIN · texte numérisé non relu

M™« EMILE DE GIRARDIN

Les « Courriers de Paris » publiés dans la Presse, de 1836 à 1<>48, par M"' Emile de Girardin, sous le pseudonyme de vicomte de Launay, eurent un succès qui s'est perpélué, car, dans ces aimables causeries, vives, légères ot sensées, on cherche aujourd'hui la menue monnaie de l'histoire. M™* de Girardin, fille de Sophie Gay, qui tenait une grande place dans la société parisienne, avait de l'esprit et de la beauté : elle sut demeurer parfaitement femme tout en étant journaliste, en créant ce feuilleton, qui lui permettait d'aborder, en se jouant, plus d'une question sérieuse. Un de ses plus spirituels articles raille les prétentions des femmes à l'Académie et, généralement, tout ce qui les ferait sortir de leur rôle, assez grand par l'influence qu'elles peuvent posséder. M'"" de Girardin, en dehors de ses chroniques, a beaucoup écrit. On se souvient particulièrement, parmi ses romans, de la Canne de M. de Balzac (une canne qui avait le don de rendre invisible), du Lorgnon, de la Croix de Derny, dont elle fut un des auteurs, et, parmi ses ouvrages dramatiques, de Lady Tartufe, de Cléopdire, de la Joie fait peur, du Chapeau d'un horloger. Une autre pièce de M"" de Girardin, l'Ecole des journalistes, ne fut pas représentée. Théophile Gautier a parlé d'elle avec émotion, insistant non seulement sur sa distinction d'esprit, mais aussi sur sa distinction de cœur : « Combien elle a consolé de défaillances d'artistes, de découragements de poètes, par un de ces mots sentis, par un de ces éloges qui relèvent ! » — Une étude récente a été consacrée à M°" de Girardin par M. Jean Balde.

On n'avait, pour citerune page du «vicomte de Launay», que l'embarras du choix. Celle-ci a un intérêt d'époque.

Page 1