LE PREMIER VOYAGE EN CHEMIN DE FER
... Hier, il pleuvait, mais moins fort, et nous sommes allés à Saint-Germain par le chemin de fer : c'était un devoir pour nous: toute invention nouvelle nous réclame; nous sommes tenus d'en parler à tout prix. Donc, hier, nous sommes partis de chez nous à cinq heures du soir pour aller à Saint-Germain, et nous étions de retour à neuf heures. Nous avons mis quatre heures pour faire ce trajet, pour illier et venir. C'est admirable! Les méchants prétendent qu'on irait plus vite avec des chevaux. Voilii comme cela est arrivé : nous étions rue de Londres à cinq heures un quart; la foule encombrait la porte, qu'on n'ouvrait pas. Nous attendons, nous attendons à la porte. Enfin, on ouvre : nous entrons dans une espèce de couloir en toile verte; il n'y a qu'un &eul bureau. Tous les voyageurs sont mêlés: voyageurs à 2 fr. 50, voyageurs à 1 fr. 50, voyageurs à 1 franc. Il n'y a qu'un bureau, qu'une entrée : sans doute les bœufs et les moulons entreront aussi par le petit couloir; ce sera très commode, mais nous n'en sommes pas encore là. Nous attendons, nous attendons dans le couloir vert un grand quart d'heure, au milieu de la foule, comme nous avons attendu à la porte. Enlin, nous arrivons au bureau : là, on nous donne trois petits papiers jaunes, et nous pénétrons dans la vaste salle gothique remplie de peintures. Ici les voyageurs se séparent; les trente sous sont à droite, les vingt sous sont à gauche. La salle est vaste et belle : on peut nous croire, nous avons eu le temps de l'admirer. Là, nous attendons, nous attendons! Il n'est que six heures dix minutes, on doit partir à sept heures. Patience! Nous voyons arriver des voyageurs avec des paquets ou des pa-