SILVESTRE DE SACY
Silveslre de Sacy, qui devait être sénateur du second Empire, était entré au Journal des Débats ù la fin de la Restauration, et il avait fait ses premières armes contre le ministère Polignac. Il se flatta, quand il fut élu membre de l'Académie française, en 1854. de l'être «en raison même de sa position de journaliste ». « Il avait apporté dans ses polémiques politiques et littéraires, a dit Alfred Nettement, les traditions de Port-Royal, qui étaient pour lui comme un souvenir de famille, attiédi toutefois par un souffle de scepticisme du xviii* siècle. » On a cité de lui ce mot : « Je veux vivre et mourir avec un pied dans le doute et l'autre dans la foi. » Mais il n'avait pas suivi les évolutions de son temps, et c'est avant d'être un vieillard qu il était un homme d'une autre époque.
On a g'ardé le souvenir de la rudesse de sa réponse à Auguste Barbier, quand il le re<;ut à l'Académie, en mai 1870. L'n chroniqueur la résumait ainsi, en la parodiant à peine : « Vous êtes ici, monsieur, c'est un fait, mais je ne comprends pas trop pourquoi vous y êtes... Vous avez fait un livre où il y a une pièce intitulée la Curée : tenez, je vais essayer d'en lire une strophe... mais, non... vous voyez qu'il n'y a pas mpyen... C'est malséant. Et puis, je vous croyais mort depui.s 18;»2. De quel droit n'ètesvous pas mort ? J'ai été fort étonné d'entendre parler de TOUS pour le fauteuil de ce pauvre Enipis... L'impératrice me fait l'honneur de conversor avec moi sur la littérature : il est question do M'"* Aï*ë.', de M'"* de Krudncr, de M"" Uécumicr... mais jamais de vous. »