GEOFFROY
Dans le grand silence de l'Empire, le feuilleton dramatique, créé au Journal des Débats par Geoffroy, arrivait opporlunonient. Il n'y avait plus guère que sur les choses du théâtre que les discussions fussent permises. Ce feuilleton conquit tout de suite une grande autorité. Aux débuts de la Révolution, Geoffroy avait été un royaliste fervent: il s'accommoda fort bien de l'Empire. Dans un de ses articles de 180G, à propos d'une reprise de Richard Cœur de lion, il faisait sa profession de foi : « Le devoir de tout sujet, de tout citoyen, est d être fidèle au jfouvernement et aux souverains établis. Lorsqu'un autre K'ouvernement, une autre dynastie, s'annonce avec tous ' s signes de la volonté divine et du vœu national, alors
attachement à l'ancien ordre n'est plus un devoir, c'est un entêtement, c'est une désobéissance aux décrets éternels, une passion insensée qui rompt l'harmonie de la "ciété. » 11 n'en poursuivait pas moins de sa colère, par
ibitude, tous ceux qui avaient eu une part directe ou indirecte dans l'écroulement de l'ancien régime. Critique passionné, Geoffroy ne pardonnait pas, notamment, à Deau marchais. Se» jugements sur l'étincelant Mariage lie Figaro peuvent paraître surprenants. Il ne voit dans cette comédie «qu'un salmis de quolibets, de coq-à-l'àne,. de calembours, de turlupinades, un galimatias, en un mot. T> Il en conteste même 1 originalité : «. Que m'importe,
moi, qu'un valet fripon épouse une femme de chambre ' oquetle.' n C'est, souvent, cette étroilesse de vues. — It y a plus d'agrément dans les feuilletons de Geoffroy, où, il ne montre qu'une espèce de bonhomie, et où il fait de*. rapprochements entre le théâtre et les mœurs.