F. GUIZOT
En 1807, une jeune femme. Pauline de Meulan, collaborail assidûment au Publiciste fondé en 1801 par Suard. Pauline de Meulan se trouva pendant quelque temps dans limpossibilité décrire ses articles, qui assuraient cependant son existence. Sa sœur venait de perdre son mari, mille soins douloureux l'obsédaient, sa santé s'était affaiblie. « Tout à coup, a conté Ch. de Rémusat, elle reçoit une lettre sans signature et d une main inconnue. On a entendu parler de sa position, on ne veut pas se nom mer, maison lui propose de so charger du travail quelle avait promis au Publiciste. Elle refuse d'abord, touchée, cependant, de la proposition. On la renouvelle avec plus d'instance. Séduite parle ton de simplicité etde franchise, elle accepte eniin, et reçoit par une voie secrète des articles qu'elle ne pouvait regretter de publiera la place des siens... Enfin, elle s'adresse à son discret correspondant, le conjure de se nommer et refuse de continuer cette singulière relation s'il ne lui dit son secret... »
C'était M. Guizol, le futur adversaire du ministère Polignac en 1830, le futur ministre doctrinaire de Louis- Philippe, le futur académicien. Celui qu'attendait une carrière d homme d'Etat n'était alors qu'un jeune professeur, dont l'ambition se bornait à une chaire d'histoire.
La confiance et la sympathie lièrent Pauline de Meulan et Guizot, dès qu'ils se connurent. En 1812 ils s'épousièrent, bien que Pauline de Meulan eut quelques années de plus que lui. La sévérité du régime de la presse, sous lEœpire, ne permettait de traiter que des sujets d'une
généralité ne pouvant porter ombrage au pouvoir. Dans son « intérim » du Publiciste, Guizot s'était plu à la critique des mœurs.