PAUL-LOUIS COURIER
Paul-Louis Courier, soldat jusqu'en 1809 et le plus lettré des commandants d'artillerie, helléniste fervent, traducteur de Daphnis et Chloé, se trouva amené, par l'indépendance même de son humeur, à se transformer en polémiste sous la Restauration. Sa « Pétition aux deux Chamhres », en 1816, eut un extrême retentissement. En 1821, il était condamné à deux mois de prison pour le « Simple discours » où il s'élevait contre la souscription proposée par le ministre de l'intérieur pour faire don du château de Chambord au duc de Bordeaux. La « Pétition pour les villageois qu'on empêche de danser » (1822) est l'un des morceaux qui sont restés les plus célèbres du « vigTiei'on de la Chavonnière », comme s'appelait Paul- Louis Courier. Cette mordante ironie, dans le style qui a le plus de verdeur, se retrouve dans les Lettres qu'il envoyait au journal le Censeur, comme dans celle que l'on va lire, où il raillait les efforts du gouvcx'nement contre la presse.
L'assassinat de Paul-Louis, dans la forêt de Larçay, par un garde, Louis Frémont, crime où la participation indirecte de M"' Courier, arrêtée un moment pondant l'instruction du second procès, est restée énigmatique, a fait l'objet d'une étude récente d'un magistrat, M. Louis André. M"" Courier est morte à Genève, remariée, en 1842. Un monument a été élevé à Véretz, en 1876, à la mémoire do Paul-Louis Courier. Un des accusés du second procès, Pierre Dubois, octogénaire alors, vivait encore
LA SECONDE RESTAURATION 1'j3