‹ Anthologie du journalisme du 17e si©·cle © nos joursChapitre 92 sur 171 · L.-M. DE GORMENIN · texte numérisé non relu

L.-M. DE GORMENIN

Le passé du Ticomte de Cormenin ne semblait pas le destiner à son rôle de polémiste redoutable. Il avait servi

I Empire et la Restauration et avait accepté leurs faveurs. Sans doute il avait comme député, en 1828, manifesté quelques velléités d'indépendance. Mais l'évolution se fit en lui après la révolution de 1830. La popularité de son pseudonyme de « Timon » lui vint de ses spirituelles et mordantes attaques contre le pouvoir. D'une plume vigoureuse et passionnée, il s'en prit au gouvernement de Louis-Philippe et à ses défenseurs. Ses pamphlets contre l'augmentation de la Liste civile du roi eurent un retentissement considérable : c'étaient les origines mêmes du régime qu'il sapait, avec une verve singulière. Puis ce furent ses portraits d'hommes politiques, réunis plus tard dans le Livre des Orateurs, tracés de main de maître, avec le plus vivant relief, dans la Nouvelle Minerve.

II y avait eu en lui, tout à coup, l'étoffe d'un grand satiriste. Mais il déconcerta l'opinion, sur laquelle il exerçait l'action la plus certaine, par ses variations et, finalement, par la faillite de son libéralisme. Après avoir encore jeté quelques lueurs, après la révolution de 1848, comme député à l'Assemblée constituante, il accepta l'Empire et fut membre du Conseil d'Etat. Lui qui avait fait tant de bruit, il mourut oublié.

Il avait touché ù une foule de questions. Il est curieux de constater, aujourd'hui, qu'il fut le premier à demander, dans les débats des cours d'assises, la suppression du résumé du président, qui était, en réalité, un second réquisitoire.

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