HENRY FOUQUIER
« Une vivante et mobile figure de joximalis'te, » a-t-on dit de lui. Aycc une égale facilité, il toueixa à to^is les g-enres, à la polémique politique, à la critique, à la chronique, où il apportait, sous une forme pleine de grâce, sa philosophie indulgente et raffinée, mais armée de saine raison. Après avoir voyagé et, un m^omejit, professé, il donna ses premiers articles au Courriier du dimanche, le journal de Prévost-Paradol et de J.-J. Weiss. Il s-uivit J.-J. Weiss au Journal de Paris, mais il témoignait son activité par sa collaboration à VAuenir national, à la Presse, à l'Indépendance belge, au Siècle, puis au Figaro, où il devait revenir à la fin de sa vie, comme critique dramatique, au Soir, au Nain jaune, etc.
A la Révolution du 4 septembre, il fut nommé secrétaire général des Bouches-du-Rhône, où il eut à montrer qu'il était aussi homme d'action. Plus tard, il était directeur de la px-esse au ministère de l'intérieur, mais il revint entièrement au journalisme, où il montra ses dons brillants, dont la fécondité n'était pas le moindre. Nous lavons vu composer, sur un coin de table, au milieu des conversations, des articles d'une haute tenue et d'un fond substantiel. Il fut quelque temps rédacteur en chef du XlXf^ Siècle. Au Gii Blas, il écrivait sous les pseudonynies de Nestor et de Colomba. Il passa par tous les journaux qui avaient «ncore souci de littérature. Tels portraits contemporains de lui sont restés des morceaux remarquables par leur justesse de touche. Son œuvre se caractérise par la distinction et la richesse de pensée.
Il fut député, pendant une législature.
« C'est, disait de lui Jules Lemaître, l'esprit le pîm* facile, le plus alerte, le plus adroit, le plus prêt but toutes choses.,. M sait tout ooi, du moins, devine tout, et s^-m-ble s'être tout assinaiilé. Il n'ignore rien de tout ce que l&B fisptrits arJigiBaux ide ce eiècie oat senti et j)en&é;
il le repense avec une hardiesse légère; il le ressent avec une vivacité d'impression jamais émoussée... Il est de ces grands curieux auxquels nul progrès n'échappe. C'est un miroir sensible largement ouvert au monde et à la vie. Il ne retarde jamais... Il porte au plus haut point ce don de « réceptivité » que Proudhon attribue aux mieux douées d'entre les femmes. Et il a d'ailleurs, dans les moindres mouvements de sa sensibilité et de sa pensée, une grâce d'un charme si pénétrant que, si je ne puis l'appeler féminine, je ne sais vraiment de quel autre nom la nommer. »
Quelques-unes des chroniques de Henry Fouquier ont été réunies en volumes, Sagesse parisienne, Paradoxes féminins. Il donna, sous le titre de Au Siècle dernier, un recueil des études historiques qu'il avait publiées dans le Journal Officiel quand ce journal contenait une partie littéraire.