‹ Anthologie du journalisme du 17e siecle a nos joursChapitre 153 sur 185 · BICYCLES ET TRICYCLES · texte numérisé non relu

BICYCLES ET TRICYCLES

Donc, après avoir pratiqué tous les genres d«^ montures que la nature offre à l'homme : cheval^

ANTHOLOGIE DU JOURMA.LISME

mulet, bourriquet, chameau, — éléphant mcme! — je me suis mis en tête, voilà quelques semaines, d'apprendre à monter en bicyclette. (.Stc. On fît la Taute, couramment, de dire en pour à, pendant les premières années.)

Aujourd'hui je vole avec frénésie sur mes deux roues d'acier. Et je comprends pourquoi ces diables de bicycles et de tricycles passionnent un certain nombre de Français.

Jamais je ne pourrai dire le contentement, le bien-être que procure à un homme ce sport hygiénique. C'est inimaginable. Il y a trois mois, je regardais passer un vélocipédiste avec curiosité, comme une bête. La bêle, c'était moi. Il était, lui, l'homme pratique, le malin.

Ah! que je suis donc de son avis, à présent que j'ai appris à jouer de son instrument! Et comme je voudrais faire passer ma conviction dans l'esprit de tous les jeunes hommes, voire de tous les hommes qui tournent autour de la cinquantaine et qui ne savent comment se défendre contre le vieux temps, celui qui vient, la barbe en broussaille et la faux à la main, leur rappeler que les aiguilles de sa montre marchent toujours... Me voilà donc, par expérience et par reconnaissance, un adepte enragé du sport vélocipédique.

Eh bien, je dois ce bienfait, le croiriez- vous, à mon chien! Il engraissait trop, ce grand danois, il n'agissait pas assez. Je n'avais pas le temps de le promener de longues heures; il eût fallu monter à cheval et l'entraîner chaque matin sur les routes... Que d'affaires ! Un cheval, c'est-à-dire une écurie, un palefrenier. Oh! oh! Tel saint Paul sur le chemin de Damas, j'ouvris un jour les yeux à la lumière : deux jeunes amis m'apparurent montés sur des tricycles, venant de pédaler pendant vingt kilomètres, un peu fourbus, mais enchantés. J'écoutai leur dis-

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