‹ Anthologie du journalisme du 17e siecle a nos joursChapitre 93 sur 185 · EDMOND ABOUT · texte numérisé non relu

EDMOND ABOUT

11 n'y a à parler ici que du journaliste, et non du romancier de Trente et quarante, du Roi des montagnes, du Cas de M. Guérin, du Nez d'un notaire, de l'Homme à l'o' reille cassée, de Madelon, etc. Edmond About, que la fortune gâta longtemps, eut l'esprit le plus brillant et les dons les plus précieux. Il maniait une langue vive, mordante, « si aisée dans son bon sens, si persuasiye dans sa justesse », qu'il faisait songer à un héritierdirect de Voltaire. Après l'Ecole Normale et l'Ecole d'Athènes, il quitta l'Université et se jeta dans la mêlée littéraire, où il fut aussitôt remarqué. Son premier roman, Tolla, qui souleva bien des discussions, avait été publié dans la Revue des Deux Mondes. Mais il sentait bouillonner en lui trop d'idées, il avait trop de verve naturelle pour ne pas être attiré par le journalisme. II fit ses débuts dans la presse au Figaro bi-hebdomadaire, sous le pseudonyme de Valentin de Quevilly. C'est là qu'il donna, en 1855, la première série de ses Lettres d'un bon jeune homme à sa cousine Madeleine, où, jouant le rôle d'un provincial ingénu, il répandait sur ses contemporains ses observations satiriques. Puis il entra à l'Opinion nationale de Guéroult : « Il y publia, en style courant et sous une forme un peu trop légère^ des idées qui ne manquaient ni de hauteur ni de maturité. Il donnait son avis sur la question du moment et ne craignait pas, à l'occasion, d'attacher le grelot. » C'est About lui-même qui s'est ainsi exprimé sur l& compte de Valentin de Quevilly.

« Il n'avait pas toujours été républicain, a dit de lui Eugène Spuller, mais il avait toujours été du parti de la Révolution. » Le pamphlet, fort hardi alors, qu'était la Question romaine {1859),, attestait qu'il y avait certaines opinions auxquelles il ne renoncerait pas, dût-il être encoquetterie avec l'Empire, comme lorsqu'il collaborait

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