‹ Anthologie du XVI siecle francaisChapitre 19 sur 74 · XXIII. — Sermon de Genius, archiprêtre de Venus · texte numérisé non relu

XXIII. — Sermon de Genius, archiprêtre de Venus

Aetafis brève ver.

' ^Nature donc, de ses mains tant doucettes à 't2*^Ne fait que'ïistre^t peindre et labourer ' M- Il 5 + **

 faire fleurs, arbres, hommes et bêtes.

C'est pour le tout Univers décorer, " Et puis Venus par ardeur indicible Les fai#trestous ensemble énamourer.

Dame Venus emploie son possible -^W ïfofivv, À tout con joindre en o^nom melliflue,/f^*^^>^w A Leur propinant vertu concupiscible.

A toute bête, utile^gu superflue, Elle consigne un aiguîïïon 3'aniôu

.'amours Et un désir sensuel leur influe.

Mais sa cure; est principale toujours ^Wr^^ Sur les humains ; auxquels ses grâces donne Au beau printemps et en leurs jeunes jours.

JEAN MAROT OFFRANT A ANNE DE BRETAGNE SA « RELATION DE LA CONQUÊTE DE GENES »

(Bibliothèque Nationale, fonds français, 50QI. — Phot. W. A, Mansell.)

Si doijques or, tout animal s'adonne D'amours servir, de Venus mercier, Ainsi que Dieu et Nature l'ordonne,

Que ferez-vous, qui pour approprier

Bien vos hauts noms, êtes tous demi-dieux

Et qui savez le bien du mal trier ?

Saints animaux, la semence des cieux, Hommes prudents, esperits raisonnables Et qu'entre tous Nature aime le mieux,

Serez-vous point aux hauts Dieux serviables ? Dame Venus, l'honorerez- vous point, Comme ses serfs, dévots et amiables ?

^è, Genius, grand primat primerain De toute Gaule et de mainte autrement, Vous choisirai du premier au derrainf ' - ^ )

Et s'il s'en trouve aucun si négligent Qu'en son temps n'ait servi Venus sa dame, Il en mourra, de pardon indigent,

, Et sera dit anathème et infâme,

(w£<?c<i£^)Forclos^l' aller aux beaux Champs Élysées

Où le siège est de mainte benoite âme.

Mais pas ne crois vos hautesses prisées Si reginibaris encontre l'aiguillon, Si peu savans, ne si très-abusées,

Car quand amour wplus gai qu'un papillon, S'adresse à vous, Bandant son arc d'ivoire Point ne devez éviter son raîllon.

44/TtJ* ?vr/ û££c*

[ io8 ]

Levez vos cœurs, déployez ci vos sens,/ Mes chers enfans, que je veux introduire,' Et m'adressez vos beaux yeux relucen^. (a^M^U^

Je suis celuy que Dieu a fait reluire ^4 . En haute essence au rang des demi-<^ieux. Pour assister aux hommes sans les nuîre/^

Genius suis, vous,suivant en tous lieux, Pour vous's^m^ondrle et vous^ persuader Ce que je sais qui vous^m^rt"fê mieux.

Créé je fus, pour vous^duire et guider

Pour procure/la* vôtre géniture

Et au surplus vous défendre et garder.

(La cxMCorde-des deux langages.)

/ CLEMENT MAROT > - J yA f^y*^

Page 1