‹ Anthologie du XVI siecle francaisChapitre 37 sur 74 · II · texte numérisé non relu

II

Quand je te voy encourant à part toy, < Toute amusée avecques ta pensée, Un peu la tête encontre-bas baissée, Te retirant du'vulgàiré^ël de moy :

Je veux souvent pour rompre mon émoy, Te saluer, mais ma voix offensée, De trop de peur se retient ânïassëe Dedans la bouche et me laisse tout cby.

Mon œil confus ne peut souffrir ta vue ; De ses rayons mon âme tremble émue ; Langue ne voix ne font leur action.

Seuls mes soupirs, seul mon triste visage

Parlent pour moy, et telle passion

De mon amour donne assez témoignage.

Je veux lire en trois jours l'Iliade d'Homère, 3+-*^r^ Et pour ce, Cory don, ferme bien TMfssur moy * Si rien me vient troubler, je t'assure ma foy, 1- Tu sentiras combien pesante est ma colère.

Je ne veux seulement que notre chambrière ^ Vienne faire mon lit, ton compagnon, ni^toyv v Je veux trois j purs entiers demeurer à feqùoy, Pour folâtrer après une semaine entière.

Mais si quelqu'un venoit de la part de Cassandre

Ouvre lui tôt la porte et ne le fais attendre,

Soudain entre en ma chambre, et me viens accoutrer,

Je veux tant seulement à lui seul me montrer ; Au reste, si un Dieu vouloit pour moy descendre Du Ciel, ferme la porte et ne le laisse entrer.

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