‹ Anthologie du XVI siecle francaisChapitre 48 sur 74 · JOACHIM DU BELLAY · texte numérisé non relu

JOACHIM DU BELLAY

^ LU. — L'idée.

Si notre vie est moins qu'une journée En T éternel ; — si Tan, qui fait le tour, Chasse nos jours sans espoir de retour, Si périssable est toute chose née,

Que songes-tu, mon âme emprisonnée ? a / Pourquoi te plaît F obscur de nojrejpur ? Si pour voler en un plus clair séjour, Tu as au dos l'aile bien empennée ?

Là est le bien que tout esprit désire, Là, le repos où tout le monde aspire. c Là est l'amour ; là, le plaisir encore ; ^

Là, ô mon âme, au plus haut ciel guidée, ML

Tu y pourras reconnaître l'idée

De la beauté qu'en ce monde j'adore ! ^

(L'Olive, CXIII.)

ABSIDE DE L'ANCIENNE ÉGLISE DU PRIEURÉ DE SAINT-COSME-LÈS-TOURS, OÙ MOURUT RONSARD

v LUI. — La Suisse.

La terre y est fertile, amples les édifices, Les poêles bigarrés et les chambres de bois, La police immuable, immuables les lois, Et le peuple ennemi de f offerts et de vices.

Ils boivent nuit^ et ^jour en Bretons et Suisses,

Ils sont"çfats et rëfàrcs^et mangent plus que trois :

Voilà les compagnons et correcteurs des Rois,

Que le bon Rabelais a surnommés S$âëîs%es. ^^^u^*^**

Ils n'ont jamais changé leurs habits et façons, Ils hurlent comme chiens leurs barbares chansons, Ils comptent à leur mode et de tout se font croire ;

Ils ontlorWbeaux lacs et force sources d'eau, Force près, force bois. — J'ai du reste, Belleau, Perdu le souvenir, tant ils me firent boire.

{Regrets, CXXXV.)

Regrets du pays nâtai-' y^j^S^

Heureux qui^comme Ulysse, a fait lin beau voyage, ' Ou comme cestùi-là qui conquit la toison Et puis est retourné, plein d'usage' et raison, Vivre entre ses parents le reste de son âge.

Quand reverrai-je, hélas ! de mon petit village Fumer la cheminée, et en quelle saison Reverrai-je le clos de ma pauvre maison, Qui m'est une province et beaucoup davantage ?

Plus me.plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux Que des palais romains le front audacieux ; Plus que le marbre dur me plaît l'anïoïsé fine ;

Plus mon Loire gàuïois que le Tibre latin, Plus mon petit Lyré que le mont Palatin, Et plus que l' air/marin la douceur angevine.

{Regrets, XXXII.)

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* lv: - A Rons/rd^rrr^S

HEUREU^de qui la mort de sa gloire est jmivie, Et plus heureux jcëhiy dont rimirïortarrtiT Ne prend commencement de la postérité, P*** '* Mais devant que la mort ait son âme ravie.

Tu jouis, mon Ronsard, même durant ta vie, De l'immortel honneur que tu as mérité. Et devant que mourir (rare félicité)

'*~dU#*^r «ïtzg Ton heureuse* vertu triomphe de l'envie.

Courage donc (Ronsard) la victoire est à toy ,

ûJg/uP^isque de ton çô(tg est la faveur du roy : asvtM^<?&du laurier vainqueur tes tempes se couronnent,

Et jà la tourbg épjis^à l'entour de ton flanc Ressemble ces feiprîîs qui là-bas, environnent Le grand prêtre de Thrace au long sourpely blanc.

- i n "/^ ' '(Regrets, XX.)

si

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