Op. cit., chap. xxxii, p
homme abject, un Dieu crucifié. Croire à ses disciples, les balayures du monde, le rebut même des Juifs. Et y croire pour mourir à trois jours de là, pour laisser une femme misérable, une mémoire contemptible, une réputation de fou à sa race. Si les empereurs, et par leurs glaives et par leurs lois, faisaient une cruelle guerre à sa doctrine, pensons quelle était celle que démenait chacun en soi : et si nous avons su ce que c'est que de la persécution, ramentevons-nous ici les combats de la chair contre l'esprit et les vifs et poignants arguments de l'homme contre soi-même ? Cependant les' peuples se rendent enfin à la parole de ces hommes. Les empires adorent un Jésus crucifié. Si c'est infirmité, que ne vainquait la force ^ Si c'est folie, que ne triomphait la sagesse? Si c'est humanité, que ne l'emportait la multitude? Mais c'était certes Jésus, fils de Dieu, qui restaurait le monde par son esprit comme Dieu l'avait premièrement créé par sa parole.