SONNET
L'adolescent de long temps dégoûté Des rudes lois de quelque étroite école, Quand il en sort, il lui semble q'u'il vole D'une prison en pleine liberté.
Mais pour un maître à qui il s'est ôté, Qui l'amendait de fait et de parole, Sous cent tyrans bien souvent il s'enrôle Qui le font pire et serf d'iniquité.
Celui s'abuse ayant l'âme en la chaîne Des passions dont elle a tant de peine, S'il se tient libre et fût-ce un empereur,
Il n'y a pas pire prison sur terre :
Mais qui un coup de ces ceps se desserre,
Fût-ce un forçat, il est plein de l)onheur.