CLEMENT MAROT
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Clément Marot est né à Cahors, en 1496 ou 1497, et mort à Turin, en 4544. Dès l'âge de quinze ans, il faisait paraître sa traduction de la première églogue de Virgile et la Ballade des enfants sans souci. D'abord page chez M. de Villeroy, il entra chez Marguerite de Valois en 1518 et devint valet de chambre du roi en 1527. Dès 1523, il assistait aux prédications de Farel à Paris; il criblait d'épigrammes les « sorbonistes » et les moines. Ce n'étaient encore que des plaisanteries dans la tradition du moyen âge. Son poème de TEn/er appartient peut-être encore à cette tradition (1526). En tout cas, son adhésion à la Réforme est accomplie en 1533, et dans l'édition du Miroir de Marguerite, réimprimée cette année, il publie son premier psaume ; il dédie en même temps à François P'" son Sermon du bon pasteur et du mauvais, qui est un résumé en vers des doctrines du Nouveau Testament. En 1532, il avait été déjà poursuivi pour violation des règles du carême. En 1535, il aurait été impliqué dans l'affaire des placards s'il ne s'était réfugié d'abord en Navarre, puis en Italie, auprès de la duchesse Renée de Ferrare, et enfin à Venise. Il fait amende honorable à Lyon en 1 536 et il reparaît à la cour l'année suivante. Il s'occupe alors de sa traduction des psaumes. Les
trente premiers sont imprimés en 1542. Le premier psautier calviniste, imprimé à Strasbourg en 1539, renfermait douze psaumes de sa traduction. Réfugié à Genève en 1542, il ne se plie pas au rigorisme de la discipline et se retire en Savoie. A la nouvelle de la victoire de Cérisoles (14 avril 1544), il se rend auprès des armées françaises et il est emporté par une courte maladie, qu'on attribue parfois au poison. La première édition complète de ses œuvres est de 1544. M. Jannet en a donné une en 1868-72 (4 volumes). Consulter : Sainte-Beuve, Tableau de la poésie française au seizième siècle (1828), et 0. Douen, Clément Marot et le psautier huguenot (1878-79). Il y a dans son œuvre un mélange curieux de « gentille frivolité » et de conviction réformée. Le poète est franchement protestant ; mais il l'est de tête et d'intelligence plus encore que de cœur et de conscience. Et c'est^ pourquoi, malgré sa réelle sincérité, son œuvre religieuse a parfois moins d'accent que son œuvre profane. Les Églises réformées lui sont redevables de leur premier recueil d'hymnes. Et le lyrisme français lui doit l'introduction des thèmes hébraïques.